Éditorial : L’école en mouvement
DOI :
https://doi.org/10.26034/fr.tpr.2026.9984Mots-clés :
ÉditorialRésumé
L’école n’a jamais été un lieu figé, mais rarement les défis se sont accumulés avec autant d’intensité que durant cette décennie. Coupes budgétaires, ressources en diminution, classes nombreuses et exigences d’inclusion : les enseignant·e·s endossent désormais plusieurs casquettes à la fois. C’est dans ce paysage sous tension que les trois articles réunis dans ce numéro prennent tout leur sens. Chacun, à sa manière, interroge ce qui permet – ou empêche – d’enseigner et d’apprendre dans de bonnes conditions.
Le premier article aborde un enjeu central de l’école contemporaine : l’inclusion scolaire en Suisse. Le nombre d’élèves à besoins particuliers accueillis dans les classes ordinaires augmente, tandis que la ségrégation recule. Cette évolution, profondément souhaitable, ne va pas sans obstacles. L’article met en lumière les freins, mais aussi les leviers et les pratiques effectivement déclarées par les enseignants·e·s ordinaires et spécialisé e·s. Il permet ainsi de contraster les perspectives de ces deux acteurs du terrain qui traduisent au quotidien un idéal en gestes concrets.
Le deuxième article se penche sur un bouleversement récent et déjà incontournable : l’intelligence artificielle. Depuis son lancement public en 2022, l’IA s’est invitée dans les pratiques professionnelles promettant une aide précieuse à la préparation des supports pédagogiques et un gain d’efficience. Cependant, cet usage n’est pas sans soulever des questions de fond : L’outil vient-il soutenir la réflexion ou risque-t-il de s’y substituer ? Une assistance qui aurait tendance à uniformiser la pensée serait un paradoxe pour une école qui cherche, au contraire, à la diversifier. L’IA apparaît ainsi comme une réponse partielle aux pressions actuelles, mais une réponse qu’il convient d’interroger plutôt que de rejeter fermement.
Finalement, le troisième article déplace le regard de l’enseignant·e vers l’étudiant·e et de l’outil vers la personne. Il s’intéresse à l’influence des objectifs personnels sur la motivation académique à l’université. Dans un contexte où le stress académique pèse lourdement sur les parcours, comprendre comment des buts choisis et porteurs de sens nourrissent (ou pas) la motivation devient essentiel. Apprendre à gérer les exigences académiques tant sur le plan intellectuel que motivationnel est une condition de la réussite académique et le bien-être de l’étudiant·e. Cet article rappelle que, derrière les dispositifs et les institutions, ce sont des individus avec leurs aspirations qui font vivre les études.
Trois articles, trois angles – l’outil, la personne, l’institution – mais une même préoccupation : faire en sorte qu’enseigner et apprendre restent une expérience où chacun·e trouve sa place et les moyens de progresser. Face aux contraintes, la recherche éclaire les chemins possibles. À nous, lecteurs et lectrices, d’en débattre.
